Je suis d'accord avec Charcot et Phil, et l'analyse de Guillaume est très bonne. Cela fait 10 ans que le club est géré n'importe comment, avec des dirigeants et un staff qui ne sont pas au niveau et s'avèrent incompétents. Les dirigeants sont là pour leur petite gloire, le staff est opportuniste et profite des dirigeants pour servir ses intérêts et ses ambitions personnelles.
Il faut remettre du bon sens. Quand on dresse le constat aujourd'hui :
Identité et culture : inexistantes. Les joueurs ne restent pas longtemps, on prend on jette. On a de moins en moins de joueurs locaux ; la saison prochaine, plus de 80 % de l'effectif viendra d'ailleurs, avec 70 % de joueurs présents depuis seulement 1 ou 2 ans. Comment voulez-vous que les joueurs aient l'amour du maillot ?
Le niveau de compétence : catastrophique. Les dirigeants sont incompétents pour gérer une entreprise et ont des connaissances très limitées en rugby. Quand on regarde le staff… Morgane Champagne est d'abord éducateur à Massy, puis responsable de la formation, et il me semble qu'il a entraîné Massy pendant 2 ans. Il n'est, à mon sens, pas au bon poste. Nino Masso : un joueur dans un état d'esprit de série , tant par son sérieux que par son niveau de compétence — rien à voir avec un profil comme David Penalva. Sur les touches, aucune créativité. Louis Dubois est le moins mauvais des trois.
Les départs soulèvent beaucoup de questions sur la direction. Autant de départs démontrent que le club ne permet pas — et ne souhaite pas — former des joueurs pour l'équipe première. Certes, ce ne sont pas des titulaires en puissance, mais pour Eliot Nazet, Rachid Bina, Antoine Soubirou ou Clément Unique, on aurait pu les conserver pour construire une identité club et avoir des joueurs attachés au maillot.
Quant aux départs de Matéo Saint-Germain, Bruno Vliegen, Lewys Jones, Dylan Nocète ou Lucio Anconetani, ils donnent l'impression d'être de la chair à canon. Des joueurs de 25 ans, avec encore une marge de progression réelle, qu'on laisse partir en pensant pouvoir faire mieux. On va devoir sortir le chéquier pour attirer des joueurs qui ne seront pas vraiment meilleurs sur le papier. Exemple : le troisième ligne niortais annoncé, Ten Hover, 22 ans, 11 matchs de Nationale dont 6 comme titulaire. Est-ce qu'on fera le même constat dans 1 ou 2 ans ? "Il a été mal accompagné, il n'est pas assez bon, on le dégage." On aurait pourtant pu donner sa chance à Rachid Bina.
La capacité du club à être attractif et à cibler les bons profils : nous sommes le dernier choix pour les joueurs, et ça se voit. Des joueurs comme Cédric Yonkeu, Maxime Danton, les Decavel, Maselino Paulino ou Serafin Bordoli ne sont pas des joueurs très cotés, qui viennent faute d'autres possibilités.
Et depuis 10 ans, le constat est le même : aucun joueur ne quitte le club pour aller jouer à un niveau supérieur — mis à part Barbier et Pommelet — les joueurs ont une durée de vie courte au club et repartent toujours jouer à des niveaux inférieurs, voire pour certains arrêtent le rugby par dégoût. L'exemple de Benoit Rieu, qui comptait tout de même 50 matchs en Pro D2, est parlant.
Bref, quel avenir en Nationale pour tout le monde ? Un club endetté, un public et des partenaires insatisfaits, des joueurs sur le carreau… Personne n'y gagne.
La meilleure chose pour le club serait la N2 : pour lancer et développer des joueurs, retrouver un équilibre économique, enchaîner des victoires et retrouver de la sérénité. Mais on va rester en Nationale, et la situation sera encore pire.